vendredi 2 janvier 2026

Les explorateurs

Iegor Gran
POL, 2026


Qui, les années passant, n’a jamais laissé sa mémoire vagabonder vers ses années lycée ? Qui, ce faisant, n’a pas revêtu cette époque révolue des couleurs de l’insouciance et de la fantaisie ? Iegor Gran, quant à lui, en a fait tout un roman.


C’était les années 80, à Sceaux. Il était en seconde et les cours l’ennuyaient à mourir - surtout les maths, ce n’est pas moi qui lui jetterais la pierre ! Comment meubler ces heures, qui semblaient ne devoir jamais finir de s’étirer ? De l’objet même du supplice devait naître le salut : pour être à ce point accablants, parfois obscurs, souvent soporifiques, les profs ne devaient pas être d’essence humaine. Il convenait donc de les observer avec une attention accrue pour déceler les signes de leur nature extraterrestre. Chaque geste, chaque mot des enseignants de cette classe est soigneusement scruté par Iegor Siniavski et trois de ses camarades qui les consignent dans un registre hautement confidentiel, qui sera ainsi à l’origine d’une complicité que seuls les plus jeunes savent nouer.


Si cette chronique des années lycée n’est pas d’une profondeur folle, elle se teinte d'un côté potache qui la rend attachante et en fait une lecture plaisante. Entre nostalgie heureuse et vertiges de l’adolescence, chacun pourra y trouver écho à ses propres souvenirs. Surtout si, comme moi, vous appartenez à la même génération que l’auteur : nul doute que l’évocation des sacs US, des tubes de Madness ou le rappel de l’apparition du mythique walkman vous donnera le sourire…


A lire si vous aimez le parfum doux-amer des souvenirs d’enfance.