jeudi 12 février 2026

106 jours

Camille Soulène
Tristram, 2026


Février 2048 : le monde vit sous la menace d’une attaque nucléaire qui apparaît désormais imminente. Le gouvernement français décide de désigner de manière aléatoire un groupe d’enfants pour les conduire dans un abri antinomique du centre de la France. Ce sont ainsi les élèves d’une classe de CM2 de la ville de Bagneux qui s’envolent d’Orly pour le plateau du Larzac, sans la moindre idée de ce qui les attend.


Transférés dans un bâtiment souterrain entièrement clos, sans adulte pour les encadrer, sans aucune nouvelle de l’extérieur, sans même savoir combien de temps va durer leur captivité, ces enfants vont devoir apprendre à vivre ensemble. Les placards regorgent de denrées alimentaires et de médicaments de premier secours… Ils ont également à leur disposition des espaces moins immédiatement vitaux mais propres à occuper les longues journées : une pièce garnie d’instruments de musique, une salle de gym, une médiathèque...


Dès les tout premiers jours, les enfants tentent de s’organiser, adoptent des rituels et définissent des règles de vie. Mais, très vite, des clans se forment et des dissensions se font jour. On observe dans ce groupe très restreint les travers de la société dont ils sont issus : phénomènes de bashing, exclusion, sexisme. Malgré leur isolement, ils se comportent en tout point comme leurs aînés.


Dans une série de cahiers, avec ses mots d’enfant, Alice tient la chronique de leur vie. On suit pas à pas leurs échanges, leurs décisions, leurs inquiétudes et tout ce qui constitue leur quotidien. 


L’idée de départ n’était pas inintéressante. Toutefois, on se demande vite quel était le projet de l’auteur : écrire un roman post-apocalyptique pour imaginer la vie après la fin de la civilisation ? Un roman utopique où des individus pourraient évoluer en marge de toute forme d’organisation sociale ? Un journal intime écrit en conditions extrêmes ? 


Un peu tout cela à la fois, dirait-on, sans qu’aucune direction ne soit clairement prise, si bien que l’on finit rapidement par se sentir désorienté avant d'être gagné par l’ennui. Sans compter que l’auteure appuie à très gros trait sur la persistance des vices humains (on n’est pas en manque de clichés). La dernière page du livre est tournée sans qu'il y ait eu l’ombre d’un climax et s'achève simplement parce qu’Alice cesse d'écrire (peut-être n'avait-elle plus de cahiers ?). Cet exercice ne nous offre même pas l’occasion d’une réflexion sur l’écriture et sa dimension existentielle.  Je sors de cette lecture sur une immense sensation de néant... parfaitement rendue par le visuel de couverture !

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