Erri de Luca
Gallimard, 2026
Traduit de l’italien par Danièle Valin
Ce très court texte se présente comme une « enquête sur une disproportion » : celle du personnage représenté, multiplié par trois, nous apprend-on d’emblée. Avec une hauteur de plus de 5 m - piédestal compris -, on atteint en effet trois fois la taille humaine moyenne. Mais surtout, comme le précise De Luca, le géant, dans l’histoire, c’est l’autre, c’est Goliath ! mais c'st David qui le devint par l’exploit parfaitement inespéré qu’il réalisa. Et l’écrivain de retracer la destinée du jeune berger qui vint à bout de l’impressionnant guerrier de 2,50 m.
Aujourd’hui où la culture biblique et religieuse est tombée dans les tréfonds de l’oubli - et je parle en connaissance de cause, tant me manquent ces références lorsque je suis devant une oeuvre d’art plastique - ce texte rappelle de manière concise la légende qui a inspiré Michel-Ange, s’attarde sur les détails de la sculpture pour en révéler la signification et tente de mettre au jour les intentions du sculpteur.
Loin de toute forme de pédanterie, la brièveté et la clarté du propos le rendent au contraire parfaitement accessible, offrant au lecteur une excellente introduction à l’oeuvre de Michel-Ange. Certes, le prix de ce petit opus pourrait paraître élevé - 16 euros pour une quarantaine de pages et guère plus d’une heure de lecture. Mais ce serait compter sans les magnifiques reproductions de photos en noir et blanc permettant de se référer visuellement à ce qu’est en train de présenter l’écrivain. Ajoutons à cela des cahiers cousus (une véritable rareté de nos jours), une jaquette qui, une fois dépliée, fournit au lecteur ravi la reproduction en pied du fameux David, le tout sur une très belle carte gaufrée ornée d’un fer à dorer argenté (même s'il semble doré sur ma photo !). Un superbe ouvrage, donc, digne du génie de l’artiste et que l’on conservera précieusement dans sa bibliothèque.















