lundi 14 février 2022

Nom

Constance Debré
Flammarion, 2022



Cette fois j’étais prête. A recevoir ce texte. Je savais le style sec, je savais la détermination, je savais la discipline, je savais cette violence placide. La première fois, avec Love me tender, je me les étais pris en pleine gueule. J’avais mis plusieurs jours à m’en relever.

Là, j’y allais en pleine connaissance de cause. J’allais renouer avec cette fille qui, par la radicalité de son propos, mais surtout de ses actes et de ses choix, me forçait à regarder le monde autrement, à interroger mes propres choix et à évaluer mes propres compromis.


Le titre indique assez qu’elle n’a pas renoncé, qu’elle persiste au contraire dans la direction qu’elle s’est donnée : juste un mot, un substantif sans article, en dehors de toute construction grammaticale, comme si la langue elle-même devait se dépouiller de toute forme de convention pour casser en elle l’instrument de domination. La langue comme premier lieu de déconstruction. 

Un mot, donc, et pas n’importe lequel : le nom, celui qui nous désigne au yeux de tous, celui qui, dès notre naissance, avant même que nous n’ayons pu prononcer la moindre parole, charrie une histoire, affirme une ascendance, une lignée, affiche une appartenance sociale, nous conditionne. Celui dont il faut en tout premier lieu se débarrasser pour être libre. 


Dans son précédent livre, Constance Debré tranchait dans le vif en coupant avec la vie qu’elle avait jusqu’alors menée : métier, maison, mari, enfant. Mais il lui fallait aller plus loin et rompre avec ce qui la précédait : le père, la famille. Et donc le nom. Faire ainsi le vide pour se défaire de toute attache, de toute amarre. Abolir toute forme de ce que nous appellerions identité et lien social, qu’elle perçoit comme des entraves : filiation, mariage, héritage, état civil et jusqu’à l’enfance, qui n’est que le premier lieu d’aliénation.


Constance Debré se présente comme un soldat ou un héros ouvrant la voie et éclairant le chemin. Bien sûr, on se demande quelle forme de vie et de cohabitation serait possible si nous lui emboitions tous le pas. Serions-nous comme des électrons se rencontrant et se repoussant au gré du hasard sans jamais donner corps à un ensemble cohérent ? Cela est-il imaginable ? Enviable ? Pas sûr. Pour autant, écouter cette voix singulière - et dérangeante - est loin d'être vain. Constance Debré est de ceux qui nous mettent face à nos impostures et à nos simulacres, ce qui est à mon sens nécessaire. La question est alors de savoir quoi faire avec ça. A chacun de trouver sa réponse. 





jeudi 10 février 2022

555

Hélène Gestern
Arléa, 2022

Grand Prix RTL-Lire-Magazine littéraire 2022



555… on a déjà vu plus glamour comme titre ! Derrière lui se cache le nombre de sonates de Scarlatti, dont l’oeuvre est au centre du roman. Mais, parmi les spécialistes, l’idée est couramment admise qu’il pourrait en exister d’autres… Alors, lorsqu’un ébéniste découvre une partition cachée sous la doublure de l’étui qu’il est chargé de restaurer, le monde musical est en émoi. Son associé luthier a en effet demandé à une claveciniste de renommée internationale, compagne de l’une de ses clientes violoncellistes, de la jouer et le sentiment qu’ils avaient affaire à une pièce inédite du compositeur s’est immédiatement imposé à eux… avant que la nouvelle se répande comme une traînée de poudre.

 

Pourtant le luthier aurait bien voulu conserver un peu de discrétion :  disposer d’un tel trésor pouvait se révéler avantageux. D'autant qu'il connaît des problèmes d’argent. Mais voilà qu’il se fait cambrioler et que le précieux manuscrit disparaît. 

A partir de cette trame, différents protagonistes vont rivaliser et mener l’enquête pour mettre la main sur la partition afin de l’authentifier, les motivations des uns et des autres allant de la pure passion pour le compositeur à la convoitise la plus triviale en passant par la soif de reconnaissance. 


Avec ses quelque 450 pages - qui passent comme une lettre à la poste - vous vous doutez bien que l’aventure va connaître quelques rebondissements. Et même si certains sont un peu cousus de fil blanc, c’est avec un certain plaisir qu’on suit les développements de l’intrigue. 

Mais, pour qui est comme moi complètement béotienne en matière de musique, c’est surtout la découverte d’un univers qui rend ce roman attrayant. Car l’auteure sait admirablement restituer à la fois l’amour inconditionnel que ressentent certains individus pour cet art, mais aussi la dimension sacrificielle qu’il requiert. Et puis c’est aussi l’occasion de découvrir l’oeuvre de Scarlatti, car je défie quiconque de se plonger dans ce roman sans en accompagner la lecture de l’écoute de ses virtuoses sonates pour clavecin !


lundi 7 février 2022

La tour

Doan Bui
Grasset, 2022



En voilà un livre étonnant et inclassable ! Démarrant comme une étude urbanistique, avec son copieux appareil de notes, il prend ensuite de faux airs de roman historique, intègre des extraits de procès-verbaux de la police ou une série de tweets émanant d’une journaliste, avant de tourner au roman d’anticipation.

De même, l’auteure se plaît à brouiller les frontières du réel et de la fiction en plaçant au coeur de son dispositif narratif une tour fictive, la tour Melbourne, au milieu de la dalle des Olympiades située dans le XIIIe arrondissement de Paris, et invite Michel Houellebecq parmi ses personnages, auxquels elle se mêle également elle-même (la fameuse auteure des tweets !).


Que se passe-t-il derrière les innombrables fenêtres de ces tours ? Quelle vie ses habitants y mènent-ils ? Comment s’en approprient-ils l’espace ? Et, simplement, qui sont-ils ?

Par un subtil jeu d’échos et de relais, Doan Bui passe d’un appartement à l’autre, d’une famille à l’autre, pour explorer des vies françaises, ou des vies passées en France, puisque cette dalle surgie de terre à l’aube des années 70 renferme un véritable melting pot. A travers l’observation de ce projet architectural dont l’auteure rappelle la genèse, c’est un état des lieux de la société française qu’elle dresse, en mettant cette dernière en perspective avec son histoire, faite de révolutions, de guerres, de colonisation et de décolonisation, de boom économique et de crises.


Concentrant sur une aire restreinte une vaste population, né sur une zone démantelée afin de faire table rase de l’existant pour créer de toutes pièces un avenir inédit, ce bâtiment se révèle un poste d’observation idéal : il est un point de convergence de l’espace et du temps, autorisant ainsi une vision à 360°.


Non dénué de mordant et d’ironie, ce texte parfois déroutant, incontestablement riche et documenté, trouve à la fois ses forces et ses limites dans sa volonté d’embrasser tout un monde : entre mouvements migratoires d’hier et d’aujourd’hui, radicalisation et entreprises terroristes, fractures sociales, Doan Bui s’efforce de proposer une lecture cohérente de notre histoire, qui se révèle cependant parfois manquer un peu de nuances. Mais ce livre n’en reste pas moins piquant et original, et mérite certainement que l’on s’y intéresse.



Doan Bui sera à la librairie L'Ecume des pages mardi 8 février à partir de 19 heures.



mardi 1 février 2022

Une sortie honorable

Eric Vuillard

Actes Sud, 2022



Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il y a deux manières d’aborder l’histoire. La plus évidente, la plus « traditionnelle », par la chronologie des événements, et celle qui consiste à retrouver et analyser les mouvements sous-jacents, ceux que l’on ne perçoit pas immédiatement, mais qui sont pourtant extrêmement pertinents pour comprendre la manière dont les choses adviennent.


Ce n'est pas en historien qu'écrit Eric Vuillard, mais chacun de ses récits est intimement lié à un épisode historique dont il s’empare précisément pour mettre au jour les mécanismes qui ont présidé à sa survenue. Ainsi juxtapose-t-il certaines scènes, qu’il décrypte avec une méticuleuse précision, et le portrait de certaines personnalités qu’il saisit avec une impressionnante perspicacité. 


Avec Une sortie honorable, c’est de la guerre d’Indochine qu’il est question, et plus précisément de sa fin. Fidèle à sa démarche, il nous relate tour à tour la visite par des fonctionnaires coloniaux d’une plantation où des traitements humiliants sont infligés aux travailleurs vietnamiens, une séance de l’Assemblée nationale, le 19 octobre 1950, où fut formulée pour la première fois, par Mendès France, l’idée de mettre fin à la guerre, le ballet diplomatique visant à chercher un soutien international, et la tenue du conseil d’administration d’une grande banque, pour conclure sur la lamentable débâcle par laquelle s’est soldé le conflit.


Avec l’économie de moyens et l’acuité qu’on lui connaît, Vuillard parvient à mettre en lumière les motivations profondes qui animent les différents protagonistes. Tout le catalogue des bassesses humaines y passe : décisions prises à la seule aune des ambitions personnelles, respect de l’entre-soi et surtout volonté farouche de sauvegarder des intérêts économiques, le tout étant le plus souvent étroitement imbriqué.


Ce qui m’a frappée dans ce livre, plus encore que dans les précédents que j’ai lus de l'auteur, c’est l’humour que celui-ci y insuffle. A démasquer les acteurs, il ne peut s’empêcher de souligner leur méprisable mesquinerie, leur navrante médiocrité. Il faut lire la description que fait Vuillard du triangle défini par la Bièvre, le parc Monceau et Neuilly, les mariages consanguins qui s’y contractent pour ne pas voir échapper une miette du patrimoine familial, la componction avec laquelle ces messieurs rendent hommage aux victimes de la guerre avant de compter avec gourmandise les dividendes que celle-ci leur a valus.

On dirait presque du Balzac. En plus ramassé, bien sûr. Ce n’est d’ailleurs rien d’autre qu’une vaste comédie humaine que Vuillard nous donne à voir, lorsqu’il dépeint ces députés prenant la parole à l’Hémicycle tels des comédiens affiliés à un parti politique ou à une caste - souvent les deux - ou ce commandant en chef ânonnant à la télévision américaine des phrases apprises par coeur dans un anglais qu’il ne maîtrise pas. Du Balzac, oui, avec la même force d’évocation, la même clairvoyance, le même regard désignant aux yeux de tous l’incommensurable cynisme des hommes.  





    







vendredi 28 janvier 2022

Scarlett

François-Guillaume Lorrain

Flammarion, 2022




Ah ! le plaisir de prendre place dans une salle obscure pour y voir un bon film… Tiens, Autant en emporte le vent, par exemple. Plus de quatre heures de grand spectacle, des stars mythiques, des décors extraordinaires, de superbes costumes, des centaines de figurants…

Et si tout cela n’était rien, comparé à l’histoire même de la réalisation de ce film ?


C’est celle que nous raconte François-Guillaume Lorrain, qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en 2015 déjà il avait relaté dans un formidable roman le tournage de Stromboli. Pas grand chose de commun ici, si ce n’est la présence de quelques protagonistes à la personnalité bien trempée.


Le producteur d’abord, David O. Selznick. Fils d’un immigré juif ayant quitté sa Russie natale pour gagner les Etats-Unis, il a surpassé les ambitions de son père en créant une société de production qui deviendra l’une des plus puissantes de Hollywood. Il faut dire que Selznick ne fait pas dans la demi-mesure. Quand il se lance dans un projet, il choisit un best-seller de plus de mille pages pour réaliser « le plus grand film de tous les temps ». Et pour ce faire, les dollars coulent à flot… jusqu’à le mener au bord de la faillite. Mais n’anticipons pas !


Clark Gable, ensuite, dont l’imposante silhouette et le charme désinvolte règnent sur la préparation et le tournage du film.


Quant à sa partenaire… Ah, sa partenaire ! Si le rôle de Rhett Butler est immédiatement pourvu, celui de Scarlett est une tout autre affaire. Pas une star féminine du moment qui ne soit pressentie ! Mais aucune ne semble pouvoir être en mesure d’incarner aux yeux de tous la mythique héroïne imaginée par Margaret Mitchell. Avant que Vivien Leigh ne traverse l’Atlantique pour s’imposer devant Selznick, d’incroyables stratégies auront été déployées pour dénicher la comédienne idéale. 


N’oublions pas enfin Hattie McDaniel qui, en jouant le rôle de Mammy, se heurte de plein fouet à la communauté noire qui lui reproche de contribuer à assimiler leur image à celle d’une domesticité. Un rôle qui lui vaudra pourtant d’être la première interprète noire à remporter un oscar… 


Au-delà de la trépidante aventure de ce film que François-Guillaume Lorrain nous restitue avec un plaisir évident, c’est un ébouriffant tableau de l’industrie cinématographique de l’âge d’or hollywoodien qu’il nous est donné de voir. Et c’est aussi un formidable instantané de l’Amérique des années 30. Trois bonnes raisons de le lire !



 



lundi 24 janvier 2022

L’autre Molière

Eve de Castro
L’Iconoclaste, 2022



Le Grand siècle, je dois bien reconnaître que je ne m’y suis jamais vraiment intéressée. Et toute étudiante en lettres que j’eusse été, je n’en connais pas vraiment la littérature. Tout juste est-il pour moi dominé par la sainte trinité Corneille-Racine-Molière - dont les deux premiers ne m’ont pas laissé le plus doux des souvenirs.…

Cependant, les intrigues de cour et les fastes de Versailles ont un charme auquel je ne suis pas insensible. Je m’étais régalée naguère de L’allée du roi, de Françoise Chandernagor, et, plus récemment encore, Moi, Louis, roi d’Eve de Castro m’avait fait forte impression. Aussi, lorsque j’ai découvert en librairie que cette dernière publiait un nouveau livre, je me suis bien volontiers laissé tenter. Et puis, en cette année de célébration du quatre-centième anniversaire de notre gloire nationale, redécouvrir Molière par le biais d’un bon texte me semblait tout à fait à-propos.


Mais quelle n’a pas pas été ma surprise ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’allais découvrir dans ce livre ! Molière, c’est un peu comme la tour Eiffel, une institution que chacun d’entre nous connaît - et même si on ne les fréquente pas assidument, quelques idées et quelques repères demeurent solidement ancrés en nous. Alors évidemment, quand on remet tout ça en cause, ça secoue !


Lorsque s’ouvre le récit, Molière vient de s’éteindre, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’en être l’un des narrateurs. Les autres sont son épouse Armande Béjart, sa première compagne Madeleine, ou encore son confrère en écriture Pierre Corneille dont il a monté et joué de nombreuses pièces. 

Dès le départ, la relation qui unit les deux auteurs dramatiques semble empreinte d’une mystérieuse connivence matinée de rivalité. Si cela semble se jouer autour de la figure d’Armande, dont les deux hommes se disputent l’amour, on comprend rapidement que l’enjeu est ailleurs. Dans l’écriture. Dans la paternité des comédies signées de Molière. 


Tout le texte d’Eve de Castro tend en effet à démontrer que si Molière est bien le scénariste de ses pièces, c’est Corneille qui en aurait secrètement assuré la versification. Pour quelqu’un qui découvrit Molière avec le fabuleux film d’Ariane Mnouchkine, si magistralement incarné par Philippe Caubère, le choc est immense. Quoi, cet homme qui avait réussi à imposer son talent en osant braver l’Eglise et dénoncer les travers de son époque ne serait qu’une illusion ? La plus grande mystification littéraire de tous les temps ? Je crois que je n’aurais pas été plus éberluée si on m’avait révélé que la Comédie humaine avait été pour une grande partie écrite par Hugo.

J’ai d’abord cru à un manque de discernement de ma part - sans doute fallait-il que je reprenne le texte dès le début car j’avais dû mal le comprendre et mal l’interpréter ; puis j’ai pensé à un genre de canular littéraire - mais le ton et le style, par ailleurs excellent, contredisaient de toute évidence cette hypothèse. Au moins le dénouement allait-il offrir un retournement ou une autre perspective qui allait tout remettre en ordre… 


Inutile de vous préciser que j’ai lu ce texte iconoclaste d’une traite. Il est admirablement écrit, restitue la saveur de la langue du XVIIe et nous plonge dans l’atmosphère et le quotidien de ce siècle aussi bien que Mnouchkine les avait elle-même restitués dans son film. Il apporte en outre un précieux éclairage historique sur la notion et le statut d'auteur - si âprement défendu de nos jours. Nul doute que ce texte fera les gorges chaudes des gardiens du temple moliéresque et qu’il donnera un peu de piquant à l'année de festivités qui vient de s'ouvrir… 


A écouter en complément de ce récit, l’épisode que Franck Ferrand consacre à la relation entretenue par les deux auteurs dans le cadre de sa collection Molière sur Radio Classique, ainsi que le passionnant entretien qu’Eve de Castro a accordé à Qwertz sur RTS Culture.





jeudi 20 janvier 2022

La fille parfaite

Nathalie Azoulai

POL, 2022



D’un côté, les littéraires ; de l’autre, les scientifiques. Deux manières d’envisager le monde, deux conceptions qui s’opposent. 

D’un côté, il y a Rachel, dont la famille ne jure que par Proust ; de l’autre, Adèle, élevée dans le culte des maths. Pourtant, entre ces deux-là, l’attraction est immédiate. Naît alors une amitié exclusive, comme seules l’enfance et l’adolescence en font éclore. 

Lorsque arrive le temps des orientations scolaires, Rachel, au grand dam de ses parents, choisit de suivre les pas d’Adèle. Las, elle doit redoubler d’efforts pour résoudre les équations que son amie aborde comme un jeu. A quelques semaines du bac, elle cède à ses aspirations profondes et ne trouve rien de mieux à faire que de se plonger dans La Recherche. Dès la rentrée, elle rentrera au bercail avec une filière littéraire, opérant ainsi une première rupture avec son amie.


Au fil des années, les deux jeunes femmes s’éloignent l’une de l’autre et poursuivent leur chemin. Pour Rachel, il y a une certaine évidence à devenir une écrivaine reconnue. Adèle doit quant à elle s’imposer dans un monde d’hommes. La scission entre littéraires et scientifiques se double de celle entre femmes et hommes. A chacun ses compétences, la sensibilité d’un côté, la raison de l’autre. Mettre ces idées reçues à mal est un horizon si difficile à atteindre… Adèle s’épuise à assumer et sa féminité et la nature de son talent.


Sous la plume de Nathalie Azoulai, dépasser cette dualité semble impossible puisque le parcours d'Adèle se solde par un suicide. L'impasse est inéluctable : le roman s’ouvre en effet sur la mort de la jeune femme, et le récit ne sera que celui du cheminement qui y conduit. 


Le thème de ce roman est extrêmement intéressant et à n’en pas douter pertinent. Résolument littéraire moi-même, j’ai connu les classes puis les amphi constitués quasi exclusivement d’une population féminine - sans parler du monde de l’édition qui ne fait que perpétuer ce déséquilibre. J’ai pourtant été gênée par cette représentation binaire et sans nuance qui ne fait qu'entériner les stéréotypes. Certes, peut-être faut-il parfois grossir le trait pour se faire comprendre et la réalité est-elle parfois grossière. Mais un tel sujet mérite selon moi une réflexion plus fine. Surtout si l’on souhaite casser les systèmes de représentations dont nous sommes tous plus ou moins captifs afin de permettre à chacun d’exprimer ses talents en dehors de toute question de genre.