Jean-Philippe Blondel
Buchet-Chastel, 2018
Les livres de Jean-Philippe Blondel se suivent et ne se ressemblent pas. Je ne prétendrais pas les avoir tous lus, mais comme c’est un auteur que j’apprécie, je commence tout de même à en avoir quelques-uns derrière moi. Et il me semble qu’il y a chez lui deux veines. L’une très inspirée de sa propre vie et l’autre qui s’en éloigne davantage, avec des personnages peut-être plus purement fictionnels.
Or, c’est plutôt à la première que va ma préférence. Et ça tombe bien, car, selon moi, La mise à nue appartient plutôt à ce registre.
Non que Jean-Philippe Blondel ait forcément vécu l’aventure que connaît son héros Louis Claret, mais disons qu’il existe entre eux quelques similitudes qui lui permettent, au travers d’une situation qu’il crée sans aucun doute de toute pièce, de poser sur l’existence un regard que l’on devine empreint de sa propre expérience. Je veux dire par là qu’il émane de ce texte une sincérité qui touche le lecteur et peut l’inviter à se retourner à son tour sur son propre chemin et à se reconnaître dans certains sentiments ou dans certaines observations.
Cette mise à nue est celle que fait Louis, professeur d’anglais âgé d’une soixantaine d’années, divorcé et père de deux filles, lorsqu’il retrouve un ancien élève devenu artiste. A la demande de ce dernier, ils se revoient et Louis Claret accepte de poser pour lui. Séance après séance, les deux hommes se dévoilent l’un à l’autre, les entraînant dans une démarche de plus en plus introspective. A quelques années de la retraite, alors que ses filles ont pris leur envol, qu’il n’a pas fait de nouvelle rencontre amoureuse depuis sa séparation, Louis convoque ses souvenirs et dresse un véritable bilan de sa vie.
Il se dégage de ce roman une saveur douce-amère qui fait tout son charme. Si Jean-Philippe Blondel flirte parfois avec une forme de nostalgie, il n’y cède jamais. Il regarde le passé avec une tendresse mêlée d’un brin de causticité. Et c’est bien ce ton que j’apprécie souvent dans ses livres, un ton qui me rend l’auteur si sympathique et qui me touche au plus intime.














