lundi 8 juin 2026

Les amours de George

Stéphane Guégan

Gallimard, 2026

Il y a 150 ans, le 8 juin 1876, disparaissait George Sand : l’occasion de rendre hommage à son talent, à son engagement, à sa personnalité hors du commun. Ainsi l’historien et critique d’art spécialiste du XIXe siècle Stéphane Guégan s’est-il fendu d’un texte au titre éloquent : Les Amours de George. Je ne vous apprendrai rien, celles-ci furent nombreuses et ses amants prestigieux. De sa rencontre avec Sandeau qui accompagna son entrée en littérature à sa tumultueuse liaison avec Chopin en passant par la non moins fiévreuse aventure vénitienne qu’elle partagea avec Musset, sa vie sentimentale est amplement documentée.

Pourquoi s’y intéresser, du reste ? Si ce n’est parce que cette part intime de son existence révèle combien l’écrivaine s’était affranchie des conventions et des fondements d’une société qui, plus qu’à toute autre époque, privait les femmes de toute forme d’indépendance. Mettre ses amours en lumière n’a de sens que si on la met en regard de ce qu’elle défendait jusque dans ses écrits.

Aussi dresser le catalogue – déjà bien connu – de ses soupirants sans évoquer son œuvre ni son geste d’écrivain est-il parfaitement vain et, oserais-je dire, d’une affligeante médiocrité. C’est pourtant bien à un navrant name dropping que se livre Guégan, qui n’omet rien des déboires de Mérimée ou d’un ami avocat qui n’eurent pas l’heur de partager la couche de la célèbre autrice.

Certes, on peut dire que le titre de ce livre tient toutes ses promesses et qu’il n’y a guère tromperie sur la marchandise. Mon erreur aura été de croire que le texte allait dépasser ce tout petit périmètre. Mais vous voici prévenus...

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