mercredi 13 mars 2019

L’île aux enfants

Ariane Bois

Belfond, 2019



D’Ariane Bois je n’avais lu qu’un seul livre, Le gardien de nos frères. J’en gardais un bon souvenir, celui d’un roman à l’écriture certes très classique, mais aussi reposant sur une intrigue bien construite, fondée sur un épisode de l’Histoire solidement documenté. Et c’est bien ce schéma que j’ai retrouvé ici.

Mais que cache donc ce titre propre à faire sourire n’importe quelle personne de ma génération ? Pas de monstre gentil dans ces pages, mais bien des hommes et des femmes mettant froidement en oeuvre une terrifiante opération d’Etat. 
Nous sommes dans les années 60 sur l’île de la Réunion. Deux fillettes de 6 et 3 ans jouent sur les abords d’une route. Soudain, une voiture s’arrête et les happe sans ménagement. Quelques semaines plus tard, en compagnie d’une multitude de gamins ayant connu le même sort, les soeurs atterrissent à Paris, d’où elles sont conduites dans la Creuse où elles seront séparées pour être confiées à des familles d’accueil.

On suit l’aînée, Pauline, dont les nom et prénom seront changés par ses parents adoptifs pour mieux effacer son histoire. Elle finira pas oublier ses origines, s’enfermant dans une forme de déni allant jusqu’à éluder la question de sa différence de couleur avec les autres membres de sa famille. Celle-ci, lui expliquent-ils, ne serait due qu’à un taux de mélatonine plus élevé chez elle... C’est sa propre fille Caroline en quête de ses origines, bien des années plus tard, alors qu’un scandale d’Etat commence à être mis au jour, qui lui révélera sa véritable identité au terme d’une enquête menée avec pugnacité.

Alors, c’est vrai, le roman est parfois un peu cousu de fil blanc, à l'image de la manière dont Caroline s’associe à un journaliste pour obtenir des informations classées confidentielles... Mais je dirais que c’est le défaut de ses qualités : aucun temps mort, le rythme ne souffre aucune baisse de régime. Quant aux personnages, ils se révèlent attachants.

Mais surtout, l’auteure démonte parfaitement la mécanique de cette effroyable entreprise visant à repeupler les régions désertifiées de la métropole, dont j’ignorais pour ma part absolument tout. Elle révèle la manière dont l’Etat français arracha à leurs familles des centaines d’enfants, leur promettant pour eux une éducation et un avenir prétendument inaccessibles sur leur île. Combien de parents signèrent, parfois d’une simple empreinte de doigt, le document qui les séparera à tout jamais de leurs enfants. Car toute velléité de recherche qui pourrait par la suite être tentée sera vouée à l’échec. Combien de familles et d’individus furent brisés par cet acte barbare ! Et combien d'enfants se virent alors ravalés au rang d'esclaves dans des fermes du centre de la France...

Au-delà de l'histoire parfaitement déroulée par l'auteure, cette dernière lève le voile sur un épisode peu glorieux de notre histoire. La forme romanesque se révèle parfois précieuse pour évoquer des sujets graves ou difficiles à regarder en face. L’île aux enfants en est une parfaite illustration.


Un livre à retrouver aussi sur YouTube






samedi 9 mars 2019

San Perdido


David Zukerman

Calmann Levy, 2019



Au vu de l’enthousiasme qu’a soulevé ce livre auprès de mes amis des 68 Premières fois, c’est avec une certaine exaltation que j’en ai entrepris la lecture. Je préfère donc vous prévenir d’emblée: mes mots vont détonner dans ce concert de louanges. Car je vous l’annonce tout de go, je me suis ennuyée ferme et, si je n’avais reçu ce roman dans le cadre des 68, je l’aurais très certainement abandonné en cours de route...

Peut-être êtes-vous déjà en train de vous indigner, ou de moins de vous étonner, en lisant ces lignes. Mais j’ai trouvé ce texte décousu, les liens entre les principaux protagonistes ne nouant pas selon moi une intrigue solide. On suit tantôt l’un tantôt l’autre, au gré... je ne sais pas vraiment de quoi ; on quitte une héroïne pour la retrouver quelques chapitres plus loin sans qu’elle prenne une quelconque consistance... Bref, je ne m’y suis absolument pas attachée. Et à aucun moment je n’ai saisi quel était l’objet ou l’ambition du roman. Si on me demandait de dire en deux ou trois phrases quel en est le coeur, le propos, je crois que j’en serais incapable.
Je n’ai pas trouvé non plus la peinture sociale ou historique que j’avais imaginé trouver, ou si peu. Quelques pages seulement sur les Cimarrons à la toute fin du roman. Mais une notice Wikipedia aurait tout aussi bien fait l’affaire.

Et surtout, ce texte m’a semblé n’être rien d’autre que l’expression des fantasmes féminins et sexuels de l’auteur. Car s’il y a une chose qui est parfaitement dépeinte, ce sont les courbes harmonieuses et la nature de la beauté presque surnaturelle des deux véritables bombes que sont Yumna et Hissa qui «ondulent» à longueur de page - jamais je n’ai vu ce mot autant de fois répété ! Eh oui, mesdames, sachez que lorsque nous nous déplaçons, nous ne marchons pas, mais nous avançons en faisant onduler nos hanches ! 
Quant à la complaisance avec laquelle ces femmes se soumettent au désir priapique des hommes, quand bien même elles auraient été contraintes de faire commerce de leur corps depuis leur plus tendre enfance, comme Hissa, j’avoue qu’elle a eu du mal à passer. Mais c’est bien connu, nous aimons ces hommages rendus par la gent masculine ! A l’image de ces « deux métisses pulpeuses dont les hommes flattent parfois la croupe sans qu’elles se départissent d’une bonne humeur contagieuse.» Eh oui, une bonne main aux fesses, ça fait toujours plaisir et ça met l’ambiance ! 

Si encore le roman avait fait 200 pages, j’aurais peut-être été moins sévère. Mais il en compte un peu plus du double, et vous comprendrez donc que j’aie trouvé la potion un peu amère...


Allez, je vous mets quand même le lien vers le billet de Nicole, qui offre un vrai contrepoint au mien !



A la ligne, Joseph Ponthus, La Table Ronde
Des hommes couleur de ciel, Anaïs Llobet, L'Observatoire
Ecorces vives, Alexandre Lenot, Actes Sud noir
Ivoire, Niels Labuzan, Jean-Claude Lattès
L'Appel, Fanny Wallendorf, Finitude
Le matin est un tigre, Constance Joly, Flammarion
Les heures solaires, Caroline Caugant, Stock Arpège
Les petits garçons, Théodore Bourdeau, Stock Arpège
L'odeur du chlore, Irma Pelatan, La Contre-Allée
Saltimbanques, François Pieretti, Viviane Hamy
San Perdido, David Zukerman, Calman-Levy
Tête de tambour, Sol Elias, Rivages
Varsovie-Les Lilas, Marianne Maury-Kaufamann, Héloïse d'Ormesson
Vigile, Hyam Zaytoun, Le Tripode








dimanche 3 mars 2019

Nous aurons été vivants


Laurence Tardieu

Stock, 2019





La narratrice de ce livre est peintre, et si je devais comparer ce texte à une oeuvre picturale, je dirais volontiers qu’il s’agit d’une vanité. A travers l’histoire d’Hannah, Laurence Tardieu ne cesse en effet de tenter d’appréhender la fuite du temps et ne fait pas autre autre chose que constater la fugacité de la vie humaine.

Hannah, la soixantaine, n’a jamais connu l’insouciance. Enfant, elle venait se lover contre son frère, la nuit, et l’interrogeait : «Est-ce que tu n’as pas peur de mourir, toi ? (...) Tu te rends compte qu’un jour on va mourir, on va disparaître, on va tous disparaître.» Comment  aborder la vie sans éprouver ce vertige, surtout quand la violence du monde vient quotidiennement se rappeler à nous ? 
Est-ce ce poids dont elle ne parvient pas à se défaire qui a conduit sa fille à quitter du jour au lendemain le foyer familial, voilà sept ans, sans jamais donner de nouvelles ? Hannah n’en finit pas de s’interroger. Cette disparition n’est évidemment pas de nature à l’apaiser... Mais en marquant une rupture, en créant un avant et un après,  elle l’aide d’une certaine manière à saisir le passage du temps, ce temps d’une vie qui se sera si vite écoulée.

Si ce personnage d’Hannah peut à certains égards sembler larmoyant - et j’imagine que sa propension à la mélancolie est propre à irriter plus d’un lecteur -, il aborde les questions que tout individu, de manière plus ou moins aiguë et plus ou moins formalisée, peut être amené à se poser un jour ou l’autre : celles de la perception de son propre vieillissement, de sa place dans le monde, de la trace qu'il laissera, de la mémoire, de l’impact que peuvent avoir les soubresauts de l’Histoire sur nos existences... Des questions essentielles, donc, existentielles, exprimées dans ce roman avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité.




dimanche 24 février 2019

Glissez, mortels


Charlotte Hellman

Philippe Rey, 2019



Drôle de titre que cette injonction qui en dit si peu sur le sujet du livre ! Heureusement, le bandeau - si souvent superflu - se révèle ici précieux pour éclairer la lanterne du lecteur.
Les vies amoureuses de Paul Signac, donc. Voici un nom qui a tout de suite retenu mon attention. Car - désolée pour la platitude et la banalité du propos -, j'adore le pointillisme et, par voie de conséquence, Signac qui en est l’un des grands représentants. C’est donc sur la seule foi de ce nom que je me suis plongée dans cette lecture... occultant ainsi complètement l’autre partie de l’accroche. Mais il est certain que l’éditeur ne trompe pas son monde, et c’est bien par le biais sentimental que l’on découvre le bonhomme. 
Vous dire que c’est l’angle qui m’intéresse le plus serait sans doute mensonger et, à mi-chemin de ma lecture, j’avoue avoir connu un moment de doute sur le bien-fondé de mon choix.

Cependant, on est loin de Voici, vous vous en doutez bien. D’autant que c’est l’arrière-petite-fille du peintre, aujourd’hui responsable des Archives Signac, qui signe ce récit biographique, lui donnant ainsi des allures d’enquête familiale. C’est un regard empreint de bienveillance, mais non dénué de lucidité, et d’une profonde tendresse que Charlotte Hellman pose sur l’artiste. 

Avant d’ouvrir ce livre, je ne connaissais pas du tout Signac. Résolument pacifiste, attentif à toute forme de progrès, engagé aux côtés de Zola dans la défense du capitaine Dreyfus, ardent promoteur des avant-gardes artistiques à travers notamment le Salon des Indépendants qu’il présida près de trois décennies durant, il m’est vite apparu très sympathique. Mais il est toujours surprenant de voir à quel point les personnalités les plus progressistes peuvent parfois rester conservatrices dans la gestion de leur vie privée! 

En 1892, il épouse Berthe, avec laquelle il mène une vie bourgeoise, entre Paris et Saint-Tropez, qui n’est encore qu’un modeste village provençal. Tout se corse, à partir des années 1908-1910, lorsque Signac tombe sous le charme... de sa voisine de palier, Jeanne, qu’il fréquente avec une certaine assiduité, le couple Signac s’étant lié d’amitié avec celui que forment la jeune femme et son mari. On n’est pas loin du vaudeville !
Sauf que pas du tout, car Jeanne va divorcer, renonçant ainsi à la garde de ses trois enfants, pour s’installer avec Paul, qui refuse quant à lui d’en faire autant. Il laissera à Berthe la jouissance du logement parisien et de la maison provençale, viendra déjeuner avec elle une fois par semaine, passera même des vacances avec elle, et ne laissera pas passer un seul jour sans lui écrire une missive pour lui témoigner son attachement. Et lorsque de son union avec Jeanne naîtra la petite Ginette, il effectuera les démarches visant à la faire adopter par Berthe, qui n’a jamais pu avoir d’enfant, afin d’assurer l’héritage et l’avenir de la fillette.

A partir des quelques photos de famille qu’elle a pu retrouver et des neuf mille lettres que Paul adressa à Berthe et que celle-ci conserva - alors que celles de Berthe furent vraisemblablement détruites par Jeanne -, Charlotte Hellman s’efforce de comprendre les liens qu’entretenait cet étrange trio, interrogeant tout à la fois les ressorts psychologiques des protagonistes et les règles qui régissaient alors la société. A travers cette histoire somme toute banale, elle révèle tout à la fois la personnalité méconnue d’un artiste majeur et les différents carcans conventionnels et sociaux d’une époque, ne se privant pas d’en souligner le poids et de mesurer le chemin parcouru.

Certes, je n’en ai pas appris autant que j’aurais pu le souhaiter sur la dimension et l’apport artistiques de Paul Signac. Mais Charlotte Hellman m’a offert le témoignage fin et sensible d’une époque que j’ai toujours trouvée passionnante !


Un livre à retrouver aussi sur YouTube 



dimanche 17 février 2019

Suiza


Bénédicte Belpois

Gallimard, 2019



Une femme simple. D’aucuns la disent bête. Mais rayonnante de gentillesse et d’humanité. Et belle, avec ça ! Du genre qui aimante le regard des hommes au premier coup d'oeil. D’ailleurs Tomas la désire immédiatement. Une pulsion animale. Violente. Irrépressible.

Elle est étrangère, paumée. C’est un paysan rude, taiseux, attaché à sa terre plus qu’aux hommes. Il vient d'apprendre qu'il est malade. Atteint d’un cancer, sans espoir de rémission.

Ces deux-là vont unir leurs douleurs dans un amour inespéré et incandescent. Ne parlant pas la même langue, c’est exclusivement à travers l'expression de leurs corps - et de leurs regards - qu’ils vont apprendre à se connaître et à se comprendre.

Dit comme ça, on aurait envie de filer en courant : ça pourrait être nunuche... et ça ne l’est pas.
A quoi tient que l’on plonge dans ce récit sans pouvoir le lâcher ? 
A son écriture, âpre, directe, sans fioriture. A ses personnages, rugueux mais généreux et justes, comme la terre sèche et brûlante de ce coin d’Espagne où Bénédicte Belpois a choisi de situer son roman. Elle ne s’attarde pas, Bénédicte. Elle dit l’essentiel des sentiments, ce qui se joue dans un geste, dans un regard. Et puis elle distille ça et là un peu d’humour. Oh, rien de pesant ni de déplacé ! Juste une remarque que l'on peut faire - que l'on peut se faire - et qui suffit parfois à faire basculer l’existence de la gravité dans le détachement : la légèreté que l’on peut choisir, histoire ne pas sombrer dans le désespoir.

Bénédicte Belpois signe un premier roman d’une remarquable intensité, créant des personnages entiers, sincères, sans arrière-pensée, sans duplicité, simplement humains. Et ça fait du bien.


Un roman présenté sur You Tube




dimanche 10 février 2019

L’ombre d’un père


Christoph Hein

Métailié, 2019


Traduit de l’allemand par Nicole Bary


Konstantin n’a jamais connu son père. Nazi convaincu, criminel de guerre absolument dénué de scrupules, celui-ci fut exécuté en Pologne lors de la défaite allemande. Passée sous silence par sa mère lorsqu’elle apprit de quoi son mari s’était rendu coupable, l’histoire de ce père ne cessera cependant de peser sur les épaules de Konstantin. 
Au sortir de la guerre, sa mère s’était pourtant battue auprès de l’administration pour reprendre son nom de jeune fille et le donner à ses deux fils. Elle avait pourtant rejeté tout geste entrepris par son beau-frère pour réhabiliter son mari et lui permettre de toucher une pension. Elle avait pourtant encore refusé l’héritage dont elle aurait pu bénéficier, préférant vivre dans le plus complet dénuement plutôt que de devoir quoi que ce soit à l’homme monstrueux qui fut son époux.
Mais qu’ils le veuillent ou non, les Müller, ou les Boggosh comme ils se nomment désormais, sont marqués au fer rouge.   

Pour fuir cet héritage, Konstantin ne voit d’autre issue que de quitter son pays. C’est à Marseille qu’il tente de se construire un avenir. Mais le passé familial qu’il s’efforce de taire s’interpose sans cesse entre lui et tous ceux qui furent victimes de la barbarie nazie. Ecrasé par le poids de la culpabilité, il rentre chez lui, restant marqué du sceau de l’infamie... A l’Est, où il réside après l’édification du Mur, son « dossier » le rattrape constamment et Konstantin n’a d’autre choix que d’apprendre à vivre avec cette hérédité qui l’entache.

Christoph Hein revisite l’histoire contemporaine de l’Allemagne à travers un roman ample et captivant. Choisissant un mode de narration ultra classique mais furieusement efficace, il donne la parole à un Allemand qui, au soir de sa vie, retrace toute son existence. Une existence dominée par le secret et par un sentiment de culpabilité dont il est impossible de se libérer. Entre conscience de l’horreur des actes commis et compromissions omniprésentes au sein du régime communiste, l’auteur donne à voir une génération sacrifiée, privée de toute possibilité de penser son passé comme de bâtir son avenir. 

Si le roman se situe essentiellement dans les années d’après-guerre et de guerre froide, et si j’avais pu espérer que la période actuelle soit davantage abordée, ce texte se révèle néanmoins passionnant. Son ampleur et la fluidité de sa forme narrative permettent au lecteur d’entrer en empathie avec le personnage pour saisir tous les obstacles tant psychologiques que conjoncturels auxquels il doit faire face.
Entre récit intimiste et fresque historique, ce roman embarque littéralement son lecteur pour lui offrir un formidable éclairage sur l’Allemagne contemporaine et sur son peuple.


Retrouvez aussi ce roman sur YouTube !



 © Philippe Matsas / Editions Métailié



mercredi 6 février 2019

Pourquoi j’ai créé ma chaîne You Tube


Tout d’abord, que les choses soient bien claires, il ne s’agit en aucune façon pour moi de délaisser ou de remplacer mon blog. J’aime trop ce format, celui qui passe par les mots et par l’écriture, pour ça ! Il y a au contraire fort à parier que ce nouveau réseau reste secondaire dans mon activité.

En premier lieu, il y a sans doute l'attrait de la découverte de quelque chose de nouveau, avec lequel je ne suis pas du tout familière. L’idée m’en est venue en voyant – et en admirant, je dois le dire – ce que fait mon fils Antonin, alias Sombrero Nordique (je vous invite d’ailleurs à aller visiter son blog qui abrite certains de ses montages photo et vidéo). Toute fierté de mère mise à part, je trouvais le résultat tout à fait convaincant et j’y ai vu l’occasion aussi de poursuivre et développer nos échanges, qui me sont si précieux, autour du livre et de la lecture. Mais cette fois, c’est lui qui était le maître et moi qui recevais ses conseils…

Et puis, s’il y a une chose que j’ai en horreur, et qui est pourtant beaucoup trop répandue dans les milieux littéraires, c’est l’élitisme et l’entre-soi. Je suis intimement convaincue que la littérature s’adresse à tous. J’ai bien dit tous. Même à ceux qui « n’aiment pas lire ».
Simplement, le chemin qui y mène n’est pas identique pour tout le monde, et je dirais même qu’il est différent pour chacun. Et surtout, on sait bien que l’accès au livre en tant que tel n’est pas au départ donné à tous, hélas.

Alors, si par hasard, avec d’autres outils, en particulier avec ceux de l’image, je peux donner à une ou deux personnes l’envie d’aller vers un roman qu’elles n’auraient pas découvert sans cela, ce serait génial !
Et pour ceux qui se diraient « tiens, on va enfin voir la tête qu’elle a », pour ceux qui m’avaient imaginé sous les traits d’une grande blonde (quelqu’un se reconnaîtra J), vous en serez pour vos frais. Car l’idée n’est pas de me mettre en avant, mais plutôt de présenter l’ambiance et la couleur d’un livre, un peu à la manière d’une bande annonce.
Alors je ne sais pas combien de temps ça durera, ni si je le ferai pour tous les livres que je lirai (j’ai quand même passé mon week-end sur les deux premiers montages mais, bon, à présent j'ai acquis les rudiments)… On verra.
Je continuerai en tout cas tant que je m’amuserai et que j’aurai envie de le faire.

D’ici là, bon visionnage… et bonnes lectures !

Et pour découvrir, c'est par là...