Vinciane Moeschler
Le Mercure de France, 2026
Quelque part dans la jungle amazonienne, une jeune femme ayant rejoint une organisation révolutionnaire en retient une autre en otage. Au cours des vingt-deux semaines que dure la détention, les conditions de vie difficiles rapprochent la geolière et sa victime. Quinze ans plus tard, cette dernière reconnaît sur son écran de télévision celle qui l’a tenue captive : l’ex-militante armée est devenue une personnalité politique écologiste de premier plan. Comment Dolorès a-t-elle survécu ? Et que se passerait-il si elle décidait de révéler qui est Nora ?
C’est sur la base de cette trame prometteuse que je me suis emparée de ce roman. Entre l’exploration du syndrome de Stockholm, le parcours politique d’une militante révolutionnaire et le suspense suggéré par la dernière question il y avait en effet du grain à moudre.
Combien mes attentes ont été déçues ! La quasi-totalité du livre est consacrée à la période de détention, avec quelques flashback intermittents qui éclairent le lecteur – aussi succinctement que tardivement - sur les histoires respectives des deux protagonistes. Pourtant, la complexité de leur relation et les liens qui se seraient noués entre elles sont à peine effleurés ! Quant à son évasion, Dolorès l’effectue avec une facilité déconcertante, que l’ellipse de quinze ans permet d’expédier comme par enchantement. Et que dire de l’évolution politique de Nora ? Celle-ci passe joyeusement par pertes et profits pour se réduire à une réapparition inattendue… à quelques pages de la fin du roman. Autant dire qu’on ne saura rien des états d’âme de Dolores – qui semble d’ailleurs ne pas en être trop embarrassée – à l’idée de révéler le passé de la figure politique montante...
On peut dire que l’auteure m’a impressionnée : passer à ce point à côté de son sujet n’est pas loin d’être un exploit !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire