jeudi 6 avril 2017

Piégée

Lilja Sigurdardottir

Métailié, 2017


Traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün


Un nouveau polar aux couleurs islandaises.

Amateurs de polars venus du froid, réjouissez-vous ! Voici une nouvelle auteure qui devrait vous faire délicieusement frissonner...
Alors, enfilez votre chandail, chaussez vos moon boots et laissez-vous entraîner au cœur du redoutable hiver 2010, lorsque l’Islande s’enfonçait dans la crise et que le volcan Eyjafjallajökull paralysait le pays en le revêtant d’un manteau de cendres...

Sonja vit séparée de son mari et a été privée de la garde de son fils Tomas, 8 ans, ses moyens ne lui permettant pas d’assumer cette charge. Dans le plus complet dénuement et dans l’espoir de pouvoir accueillir Tomas, elle a accepté de remplir une mission lucrative proposée par un ami de son ex, avocat. Mais celle-ci s’est révélée être un piège qui s’est refermé sur elle, et elle se voit à présent contrainte de faire de réguliers allers-retours à l’étranger pour faire entrer de la cocaïne en Islande.

A vrai dire, le roman démarre plutôt doucement, comme si l’épaisse couche de neige et les cendres du célèbre volcan qui recouvrent le pays amortissaient les choses. Sonja est si habile à faire passer la drogue au nez et à la barbe des douaniers que ça en paraîtrait presque un jeu d’enfant ! Quant aux trafiquants, s’ils n’ont certes pas l’air de doux agneaux, ils ne sont somme toute pas si effrayants que cela... au premier abord. Et bien que l’on suive pas à pas l’enquête cherchant les responsables de la chute du système bancaire, les effets de la crise ne sont présents que comme un écho assez lointain.
Pourtant, insensiblement, la tension monte. Alors qu’on croyait Sonja en situation de pouvoir se libérer de ses chaînes, l’étau se resserre brusquement autour d’elle. Chacun des personnages impliqués dans l’histoire joue sa carte, et les retournements de situation se succèdent jusqu’à la sidérante révélation finale, prenant réellement le lecteur par surprise.

Je ne vous en dirai donc pas davantage. Sachez seulement qu’il s’agit d’un de ces polars comme je les aime : du dépaysement, un ancrage dans une réalité socio-économique bien circonscrite, peu d’hémoglobine, une violence plus psychologique que physique. 
Et cerise sur le gâteau, il s’agit du premier volume d’une trilogie. J’aurai donc le plaisir de découvrir la suite des aventures de Sonja... et peut-être aussi de voir de l’intérieur comment les Islandais gérèrent cette crise sans précédent ! Chic ! 


18 commentaires:

  1. Hum, très attirant, ce polar (mais je sors aussi d'un livre avec cannabis baladeur)

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    1. Ah oui, mais là on rigole plus, il s'agit de coke ;-)

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  2. Moi aussi je suis dans un trafic jusqu'au cou ! j'étais déjà tentée par celui-ci, après ton billet c'est pire ;-)

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    1. Un trafic de livres ? Prends garde à toi Aifelle ! Attention, il paraît que la lecture est hautement addictive ;-)

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  3. je l'avais repéré chez Electra, et ce polar me dit vraiment bien! (surtout qu'Arnaldur a tendance à me décevoir, dernièrement...)

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    1. Il y a longtemps que je n'ai pas lu Indradason, que j'apprécie également. J'imagine que ce livre pourrait te plaire.

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  4. Hé hé... tu m'intéresses là ! Ca m'a tout l'air de pouvoir me plaire :-)

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    1. Hé hé ! Pas de raison que les tentations fonctionnent toujours dans le même sens ;-)

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  5. L'auteure était aux Quais du Polar, mais je n'ai pas eu l'occasion de l'écouter... Je note en tout cas, c'est aussi le genre de polar qui me plaît.

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    1. J'ai vu ça. Mais j'ai vu aussi que les Quais du polar avaient remporté un immense succès, avec plein de rencontres à la clef... On ne peut pas être partout ! Rattrapage possible avec la lecture du roman ;-)

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  6. Bon souvenir de lecture de mon côté ! Ma mère l'a embarqué après l'avoir lu pour le prêter à une amie fan de polars. Un bon signe !

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  7. Les ressources de l'Islande en matière de polar semblent décidément infinies !

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  8. Celui-ci, je le note ! Il y a un petit moment que je n'ai pas lu de polar venu du froid et celui-ci semble avoir tout ce qu'il faut pour me plaire.

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  9. Cela fait quelques chroniques élogieuses que je lis !! je vais me laisser tenter je crois .....

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    1. Mais oui, Mylène, il ne faut pas hésiter ;-)

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