dimanche 24 janvier 2016

On inventera bien quelque chose

Giorgio Scianna

Liana Levi, 2016


Traduit de l'italien par Marianne Faurobert


Où deux jeunes frères s'ouvrent à la vie...

Moi, quand on dit « roman d’apprentissage », je prête tout de suite une oreille attentive... ou un œil, en l’occurrence, puisque telle était bien la promesse faite en quatrième de couverture. En plus, celui-ci se passait en Italie ! Ni une ni deux, le livre a atterri dans ma besace !

J’ai donc fait la connaissance de Mirko, dix-sept ans, et de Tommaso, onze ans, fraîchement devenus orphelins. Ils vivent désormais seuls, dans leur appartement milanais, sous la tutelle néanmoins de leur oncle Eugenio, qui l’exerce à distance. Ils ne sont censés venir vivre sous son toit, à Pavie, qu’au terme de l’année scolaire en cours. C’est du moins ce qu’Eugenio envisage. Mais les deux jeunes garçons ne l’entendent pas ainsi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ils s’accommodent en effet parfaitement de leur vie sans parents. Ils ne manifestent aucune émotion, l’aîné s’occupe scrupuleusement de son cadet, ils font tous deux très sérieusement leurs devoirs et mettent même un point d’honneur à obtenir les résultats scolaires les plus brillants qui soient... C’est à peine si un souvenir de leur père ou de leur mère vient parfois les hanter.  
Peut-être me berçai-je de tendres illusions, mais il me semble que si mon cher-et-tendre et moi-même devions venir à disparaître, mes enfants en seraient un peu plus affectés que cela...

Quoi qu’il en soit, c’est dans ce contexte que Mirko, cédant au désir de se rendre à Madrid avec sa bande de copains pour aller assister à un match de foot - et passer par la même occasion sa première nuit avec sa petite amie - va entrer en contact avec des individus peu recommandables pour leur emprunter la somme nécessaire à ce séjour. Comme on peut s’y attendre, c’est là que les ennuis vont commencer...

Je ne vais pas vous révéler le fin mot de l’histoire - après tout peut-être aurez-vous envie de la lire - mais je suis restée sur ma faim : l’auteur installe une situation, laisse entrevoir la survenue d’un drame (j’ai tout de même ressenti une vive inquiétude à la lecture de certains passages), mais tout ce passe comme si, en cours de route, il décidait de rebrousser chemin. 
En fait, j’ai eu l’impression que l’auteur hésitait entre deux formats : celui de la nouvelle, qui aurait pu être plus concis et plus percutant, ou celui au contraire d’un roman plus ample, dans lequel il aurait pu développer tant la psychologie de ses personnages que l’action elle-même.
Au final, même si le livre n’est pas déplaisant, cet entre-deux m’a laissé un sentiment de déception. J’ai connu des romans d’apprentissage plus exaltants que celui-ci...





17 commentaires:

  1. Quels romans d'apprentissage nous conseilles-tu en particulier ?

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    1. Sans hésitation aucune un autre italien : Je n'ai pas peur, de mon cher Niccolo Ammaniti
      http://delphine-olympe.blogspot.fr/2013/07/je-nai-pas-peur-niccolo-ammaniti.html
      Mais aussi Un été avec Kim Novak, de Hakan Nesser
      http://delphine-olympe.blogspot.fr/2015/07/un-ete-avec-kim-novak.html

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    2. Merci. Le Ammaniti est noté depuis quelques temps et si j'ai bien deux Hakan Nesser dans ma PAL, je n'ai pas celui-là...

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    3. J'ai adoré "Je n'ai pas peur" d'Niccolo Ammaniti. Depuis cette découverte, je suis à l'affût de tout ce qu'il écrit. Je suis aussi friande de romans d'apprentissage. Pour "On inventera bien quelque chose", après lecture de ton billet, je sens que je resterais sur ma faim moi aussi. Je passe donc mon tour!

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    4. Je suis comme toi, Marie-Claude, j'adore Ammaniti - même si "Je n'ai pas peur" reste pour moi inégalé.
      Puisque tu aimes les romans d'apprentissage, je te conseille donc comme à Sandrine "Un été avec Kim Novak".

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  2. avis mitigé donc, mais pour l'Italie, pourquoi pas!

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  3. Tu n'es pas assez enthousiaste pour que je le note. Et puis, moi, je lis grec ! ;-)

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    1. Et je sens que je ne vais pas tarder à te rejoindre! ;-)

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  4. Un roman italien et d'apprentissage, c'est vrai que ça augurait une belle découverte. Dommage qu'elle ne le soit pas autant qu'espéré.

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    1. On ne peut malheureusement pas faire bonne pioche à tous les coups... Cela dit, je ne me suis pas ennuyée, non plus.

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  5. Hélas les déceptions arrivent aussi :-)

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    1. Elles n'en donnent que plus de relief encore aux belles découvertes !

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