dimanche 18 janvier 2015

Les réputations


Juan Gabriel Vasquez

Le Seuil, 2014

Traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon



Prétendant traiter de la place des caricaturistes dans la société, l'auteur passe malheureusement complètement à côté de son sujet.

Ce livre m’a attirée dès sa sortie, en septembre dernier. Mais il y a tant de choses à lire que je tardais à m’en emparer...
Et puis, après ces trois jours funestes de janvier, sa couverture présentant une plume trempée dans une encre rouge sang et son héros, un caricaturiste colombien, l’ont remis sur le devant des lectures à ne pas laisser passer.
La quatrième de couverture présentait le roman comme une réflexion sur l’influence d’un caricaturiste politique, et sur l’examen de conscience qu’il est amené à faire pour mesurer le poids et la pertinence de son pouvoir.

Bien sûr l’attente face à un tel sujet s’était subitement démesurément amplifiée.
Malheureusement, je dois bien dire que la déception a elle aussi été de taille. 
En fait de réflexion, j’ai surtout vu un homme sans envergure, quelque peu amnésique, qui s’interroge, bien des années après que l’événement ait eu lieu, à la faveur d’une coïncidence, sur sa responsabilité dans le suicide d’un ministre phallocrate, veule et, à l’occasion, pédophile, qu’il avait croqué.

J’ai trouvé le propos traité de manière très anecdotique et, en tout cas, l’auteur n’a pas réussi à dépasser cette dimension pour traiter son sujet avec toute la profondeur  et la hauteur qu’il méritait.

C’est dommage. Et sans doute particulièrement décevant aujourd’hui.

8 commentaires:

  1. Je me souviens avoir été tentée à sa sortie ; ton avis ne m'incite pas à le découvrir.

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    1. En ce qui me concerne, la déception a été très grande...

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    1. Il n'a pas fait grand bruit... et pour cause !

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  3. Je comprends ta déception... J'aurais eu aussi beaucoup d'attentes au vu du sujet, si je l'avais eu entre les mains.

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    1. Comme je le dis dans mon billet, l'attente avait peut-être trop crû ! Dans un autre contexte, peut-être aurais-je été moins sévère ?

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  4. Je suis moins sévère que toi parce que j'aime bien cet auteur, mais c'est vrai que c'est quand même très léger, vu les circonstances... Je pense qu'on l'aurait peut-être plus aimé dans un autre contexte.

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    1. C'est fort possible ! Cependant, le sujet méritait tout de même mieux.

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