samedi 21 décembre 2013


La délégation norvégienne

Hugo Boris

Pocket, 2009

 


Ce livre surprenant, à l'atmosphère énigmatique, vous entraînera dans une étrange aventure littéraire.

Après la découverte de Trois grands fauves et d’un style de haute volée, je m’étais promis de lire d’autres œuvres d’Hugo Boris. C’est chose faite avec La délégation norvégienne, son deuxième roman, initialement publié en 2007.

Or, je reste un peu perplexe, même plusieurs jours après en avoir achevé la lecture.
Tout d’abord, je préciserais que je ne suis pas entrée dans ce texte aussi immédiatement que dans le précédent. Loin d’avoir la fulgurance des Trois grands fauves, ce roman est empreint de mystère, d’étrangeté. Le lecteur ne sait pas où se déroule l’action, le personnage principal ne lui est pas présenté (et les personnages secondaires ne le sont pas davantage). On est totalement privé de repères, certains protagonistes parlent français, d’autres allemand, d’autres enfin une langue scandinave... Tout ce que l’on finit par comprendre, c’est qu’ils se sont rassemblés  pour partager, le temps d’un court séjour, leur passion commune pour la chasse. Mais on se retrouve finalement au centre d’un huis-clos qui va devenir de plus en plus oppressant.  

J’avoue n’avoir pas été au premier abord séduite par le sujet, ni par le héros, qui ne suscite pas d’emblée la sympathie. Pourtant, à mesure que j’avançais dans le roman, j’étais happée par l’atmosphère singulière qui s’en dégageait.

Il est particulièrement ardu de parler de ce roman sans en révéler le ressort, dans la mesure où l’auteur opère peu à peu une mise en abîme, sur laquelle il serait vraiment dommage de lever le voile.
Ce que l’on peut simplement indiquer, c’est que le lecteur devient progressivement partie prenante de l’intrigue et qu’il est invité à jouer un rôle actif.
La démarche de l’auteur apparaît donc comme assez originale et interroge sur la place du lecteur dans une oeuvre littéraire. La question est, finalement, un texte n’a-t-il d’existence que s’il est lu ? 

Une expérience littéraire intéressante, donc, et une ouverture sur une réflexion qui ne l’est pas moins, un style élégant, mais un livre qui n’a pas encore la beauté et la puissance qui caractérisent selon moi la dernière œuvre en date d’Hugo Boris. 

Pour conclure, je soulignerais ce qui fait pour moi l’une des qualités d’un auteur: la capacité à se renouveler, à produire des textes différents les uns des autres, sans se cantonner à un style ou un univers particulier. Là encore, Hugo Boris se distingue. Incontestablement un auteur à suivre.

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