Entretiens

lundi 26 janvier 2026

Septembre noir

Sandro Veronesi
Grasset, 2026

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz



Septembre 1972. En pleins Jeux olympiques de Munich, un commando palestinien prend des athlètes israéliens en otage. Onze d’entre eux seront exécutés. Tandis que les épreuves sont interrompues, les spectateurs du monde entier suivent médusés l’événement à la télévision. Luigi est l’un d’entre eux. Il a alors douze ans.  


Lorsqu’il se remémore cette époque, Luigi, désormais professeur et père de famille, prend conscience de la rupture qu’a constituée cet été-là dans sa vie et que ce dramatique événement a cristallisée. 


Douze ans, aussi peu sûr de soi que l’on puisse être, c’est l’âge où l’on commence à sortir du cocon protecteur de la famille. Pour Luigi, c’est l’attente fébrile, jour après jour, de retrouver sur la plage la jolie Astel, d’un an son aînée. Lorsque le rapprochement tant espéré s’opère, il est aussitôt saisi par le syndrome de l’imposteur : pourquoi moi, se demande-t-il. Des semaines durant, ces deux-là vont pourtant écouter ensemble de la musique, découvrir des textes, danser, suivre côte à côte les Jeux olympiques à la télévision sans oser laisser leurs lèvres se rapprocher. C’est à peine si Luigi perçoit les signes d’une harmonie parentale en train de se fêler. Du moins se refuse-t-il à en interpréter les signes… Contrairement à Astel, qui se montre très critique à l’égard de son propre père.


Le jour où la jeune fille cesse de se présenter sur la plage, où Luigi court chez elle pour trouver une maison vide, son monde s’effondre. Une disparition dont l’onde de choc s’étendra rapidement à sa propre famille…


Chronique du passage de l’enfance à l’âge adulte, Septembre noir est un pur roman d’apprentissage, genre pour lequel j’ai une affection particulière. Tendre et empreint d’une certaine nostalgie, il est d’une lecture agréable et douce, et chacun pourra y trouver des échos plus ou moins lointains à ses propres souvenirs. Il n’a pourtant pas à mes yeux la force ni la densité que pouvait par exemple présenter Je n’ai pas peur, d'un autre Italien, Niccolo Ammaniti.


Une lecture qui reste néanmoins plaisante, à s’offrir au coeur de l’hiver, confortablement lové dans un plaid.

8 commentaires:

  1. Difficile quand on a lu un très bon roman de ne pas comparer les autres à son aune. Comme tu sais j'ai récemment lu et apprécié celui d'Ammaniti.

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    1. Effectivement, j'ai lu "Je n'ai pas peur" lors de sa sortie, il y a une vingtaine d'années, et ce livre reste à mes yeux une référence en la matière. Mais j'ai lu d'autres très bons romans d'apprentissage depuis !

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  2. J'ai beau adorer Sandro Veronesi (Chaos calme reste un énorme souvenir et Le colibri n'était aussi très bien) je vais faire l'impasse sur un enième roman d'apprentissage, genre dont je suis nettement moins friande que toi. J'attendrai son prochain texte :-)

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    1. C'était mon premier, mais je ne suis pas sûre que ce soit son roman le plus marquant, ou le plus remarquable. Ça vaudrait le coup, je pense, que je lise l'un des titres que tu cites. A l'occasion...

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  3. Je suis en train de le lire, mais j'avoue que les passages sur les sports me font lever les yeux au ciel.

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  4. Qu'est-ce que cette prise d'otage a pu inspirer ! Comme Nicole, je me suis dit, encore un roman d'apprentissage...

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    1. Il y en a donc tant que ça ? Je n'en avais pas l'impression. Mais c'est peut-être parce que j'aime ça ;-)

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